Lectora, un premier programme e-learning dédié au handicap chez Thales

« L’entreprise n’est pas, par nature, philanthropique ! » Telle était, en 2009, le discours qu’on pouvait entendre chez Thales en matière d’accessibilité numérique. C’est donc le respect de la loi — et l’obligation de compter 6 % de personnes en situation de handicap dans l’effectif — qui aura originellement poussé ce groupe de haute technologie à prendre en compte la sensibilisation de ses managers à la question du handicap [1]. « Nous avons tout d’abord ciblé les responsables de l’entreprise afin de les former à l’application des règles légales, mais il est apparu très vite que l’ensemble des collaborateurs était concerné », a expliqué Isabelle Dubois-Mejia, responsable du campus d’entreprise, l’université Thales, à l’occasion de la matinée « Accessibilité numérique et formation », organisée le 19 juin par Centre Inffo et le FFFOD (voir article).

Pas de philanthropie, donc, mais du sens pratique, dans cette démarche « handi-friendly » développée autour de Lectora, un dispositif e-learning co-conçu par le groupe, l’Université Pierre-et-Marie-Curie et l’Université de Cracovie, donnant au passage une dimension européenne au projet. « De cette manière, nous pouvions élargir le champ de notre outil afin d’y intégrer non seulement nos managers et collaborateurs, mais aussi les étudiants et enseignants de ces institutions », a souligné la responsable de Thales. Et si la direction du groupe a trouvé qu’il était « normal » que les filières internationales se mettent également au diapason du handicap, des fractures culturelles sont très vite apparues. « Aux États-Unis, qui intègrent depuis longtemps les questions des discriminations dans l’entreprise, un « handicapé », c’est un salarié en arrêt maladie provisoire. Quelqu’un capable de réaliser normalement les tâches qui lui sont assignées, indifféremment de son état de handicap, est un collaborateur comme les autres. Du coup, les filières américaines du groupe étaient presque choquées de notre vision du handicap ! », se souvient Isabelle Dubois-Mejia.

Dans son besoin d’accompagnement, Thales a fait appel aux cabinets U and I et Atalan afin de procéder à la conception, scénarisation et mise en ligne de Lectora, ainsi que pour toutes les actions de sous-titrage de vidéos, de voix off, de scénettes accessibles en flash, etc. Un développement qui demande encore du travail, notamment en ce qui concerne la différenciation entre les handicaps visuels et moteurs, notamment. La démarche est neuve, pour le groupe high-tech et la directrice de son université d’entreprise n’a pas caché que cela avait entraîné des coûts, des investissements, voire des surcroîts de délais. « Mais une fois le programme mis à disposition, il s’intégrera dans les dispositifs de formation de Thales et pourra se voir décliner sur d’autres thématiques. ».

par Benjamin d’Alguerre

in Le Quotidien de la formation, 21 juin 2012

Notes

[1Toutefois, Thales a intégré cette question dans sa politique de RSE dès 1992.

Mis en ligne le 27 juin 2012
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